On a assassiné le bénévolat ! Et plus spécifiquement dans les milieux chrétiens. Et cela depuis plusieurs décennies. Consciencieusement, méthodiquement, régulièrement et méticuleusement. C’est ce que l’on peut nommer un crime en série. Année après année, dans les colonies, les camps, les maisons de retraite, les maisons d’accueil et j’en passe ; des cadavres partout et des indices laissés par le ou les assassins ; manque de considération, abus de pouvoir, despotisme, mépris, appât, exploitation !
Le résultat, c’est que cette denrée rare que sont les bénévoles est en voie d’extinction définitive ! Alors « ON » (pronom indéfini et c’est mieux ainsi) a beau jeu de lancer à la cantonade des phrases du style « La consécration à Dieu n’est plus ce qu’elle était », ou bien encore, et c’est gonflé de la part de ce fameux « on », d'estimer que les gens veulent se faire payer au détriment du bon fonctionnement des œuvres destinés à apporter l’Évangile aux enfants, aux jeunes aux âgés etc. alors que ce fameux « ON » a, lui, abusé du bénévolat pour boucler ses budgets !
Il est impossible de se moquer du monde tout le temps ! À un moment ou à un autre, la roue tourne et c’est terminé !
J’ai personnellement vécu deux expériences de bénévolat lorsque j’avais dix-huit ans ; en plus de mon travail, j’avais consacré mes congés annuels à « servir le Seigneur » (en principe) dans une colo ! À la fin du séjour, épuisé par ces trois semaines, je m’apprêtais à retourner au travail, quand le pasteur responsable de cette colonie est venu nous saluer sur le perron, ses bagages dans le coffre de la R 12, la famille installée pour un long périple. Après trois semaines de colo, il partait en vacances, et nous laissait avec notre épuisement retourner au travail. Refusant de rester sur un échec, je suis reparti l’année suivante, et là, les conditions de travail furent tellement épouvantables (aux limites de l’exploitation et de l’esclavage), que plus jamais je ne retournai !
Il y a peu, on me parlait de responsables recevant les bénévoles pour un mois de travail dans le cadre d’une association importante ; après des heures de trajets, dans la chaleur, le stress etc., ils n’ont même pas eu le temps de se rafraîchir, mais au nom « de la consécration » et, je cite : « du service pour le Seigneur », ils furent mis au boulot immédiatement, et ce, manu militari ! Pas de chance me direz-vous ! Ce n’est pas la règle !
OK ! Je connais des directeurs de camps, de colo etc. qui ne se sont jamais conduits ainsi, et heureusement ! Mais alors d’où vient la crise, la disparition des bénévoles ? Serait-elle uniquement contextuellement liée à la société ? Trop facile ! La vérité, c’est que certains ont tué la poule aux œufs d’or, et qu’aujourd’hui, il n’y a plus de poule et donc plus d’œufs et plus d’or !
Le bénévolat a souvent eu le dos large dans nos milieux chrétiens, et il a trop souvent été l’occasion de faire travailler les autres sans leur donner de salaire, ce qui déplaît particulièrement à Dieu : « Malheur à celui qui bâtit sa maison à l’aide de l’injustice et surélève ses appartements au prix de l’iniquité ; qui fait travailler son prochain pour rien, sans lui donner de salaire » ! (Jérémie 22.13).
Et je ne vais pas parler de ce qui est encore plus ambigu à mes yeux, ces chrétiens salariés par d’autres chrétiens, et qui, au nom d’une consécration très discutable, sont sous-payés et maltraités ! Je ne pense pas que la bénédiction soit à la clef pour ceux qui se conduisent ainsi, et il y en a, et j’espère qu’ils auront le courage de me lire jusqu’au bout !
J’entends beaucoup d’appels au secours à l’approche de l’été ; comment vont fonctionner les camps et les colos chrétiennes ; comment vont survivre les organismes chrétiens ? Bref, pour sauver le bénévolat sur lequel ont toujours reposé nos organismes, revenons à la repentance, reconnaissons nos erreurs, humilions-nous, réparons, sachons demander pardon à Dieu et aux autres si nécessaire, ce Dieu que nous servons saura bien nous faire grâce !
Samuel Foucart
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